Le lys de Brooklyn de Betty Smith.

J’ai beaucoup aimé ce très bel ouvrage alliant poésie et réalisme sans concession. Nombreuses sont les petites filles, encore enfants ou déjà grandies, qui se reconnaîtront dans le personnage de Francie. A la fois roman d’apprentissage et ode à l’insouciance, ce livre m’a enchantée.

Francie Nolan est pauvre, très pauvre. Première enfant d’un couple d’amoureux mariés trop jeunes, Francie vit, heureuse, dans le Brooklyn du début du siècle où Irlandais, Italiens et Juifs se côtoient, s’insultent et se toisent. Mais Francie est une Rommery et elle hérite de sa mère et de sa grand-mère un monde empli de rêves pour égayer la misère, pour supporter la pauvreté.

Dès qu’elle apprend à lire, Francie découvre de nouveaux bonheurs. A partir de ce jour, « le monde lui appartient grâce à la lecture. Plus jamais elle ne serait seule, plus jamais elle ne sentirait le besoin d’une amie intime . Les livres devinrent ses amies. Il y en avait un pour toutes les humeurs : les poèmes étaient de doux camarades, l’aventure venait à point quand on était lasse de silence.»

Francie, à travers ses yeux de petite fille fragile, découvre un monde souvent cruel, différent de ses attentes. Mais toujours elle garde les yeux plein d’étoiles, jamais elle ne se décourage.

Véritable plaidoyer pour l’éducation, l’ouvrage décrit l’enfance puis l’adolescence d’une petite fille que ses parents essaient de protéger du monde extérieur, il raconte les artifices que parfois ces derniers imaginent pour expliquer le manque de nourriture les jours de disette, les jeux qu’ils inventent pour travestir une réalité cruelle, mais jamais sale.

De sa naissance à son départ pour l’université, Francie garde ce trésor précieux, héritage familial : l’espérance, l’espoir d’une vie meilleure. Brooklyn est un passage, jamais une fin. Brooklyn est un tremplin qui verra la concrétisation de ses rêves d’enfant, celui d’aller à l’université et de devenir écrivaine.