Mrs Parkington de Louis Bromfield.

 

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La Monomane de l’envie de Théodore Géricault

 

 

Le roman entremêle les souvenirs d’une vieille dame, Mrs Parkington, aux derniers jours de sa vie. Ainsi, au début de l’ouvrage, elle se remémore, assise au coin d’un feu, les épisodes marquants de sa vie en regardant tomber les flocons de neige sur New York.

Et en cette veille de Noël, Mrs Parkington se souvient de sa rencontre avec son futur époux, le Major Parkington mais aussi des moments plus douloureux de sa vie comme la mort de ses deux fils.

Certains diront qu’elle porte un regard aiguisé sur ses proches, sans concession. Mon avis serait moins nuancé.

Personnalité paradoxale, Mrs Parkington apprécie le luxe dont elle jouit tout en décidant de déshériter ses petits-enfants, trop superficiels selon elle.

Seule son arrière petite-fille trouve grâce à ses yeux.

Cette dernière souhaite épouser un jeune homme qui n’appartient pas à son milieu – une histoire d’amour exogamique désapprouvée par tous, sauf Mrs Parkington.

Dans le New-York d’avant-guerre, des personnages sans grande envergure défilent, disséqués par les yeux froids de l’héroïne, êtres qu’elle juge sans intérêts, ennuyeux.

L’auteur enferme dans une époque l’entourage de la vieille dame, époque souillée par le règne de l’argent facile et fait incarner la renaissance de la société américaine par le jeune amoureux, intègre et débarrassé des préjugés de classe.

Peinture d’une époque, le roman est agréable à lire mais malgré tous les efforts de Louis Bromfield, je n’ai pas réussi à m’attacher à Mrs Parkington et je l’ai quittée sans déplaisir. J’ai refermé ce livre en me disant que peut-être la cause de tous les malheurs était la personnalité de l’héroïne et son manque d’empathie évident. Sa relation avec Alice, sa fille, pas assez jolie, est révélatrice de ce personnage trop ancré dans ses privilèges, trop figée dans son époque et qui pense à tort avoir une objectivité plus aiguisée que son entourage.

Parfois des contradictions se font jour dans la personnalité de Mrs Parkington. « Tout au long de son existence, elle devait s’inquiéter de la curieuse impossibilité où elle se trouvait d’aimer ceux qu’elle respectait, alors que son cœur parlait en faveur de personnes qu’elle jugeait elle-même indignes de mériter son respect ».

Le roman parle de vieillesse et de fin de vie, des derniers espoirs et des derniers amours.

Et la véritable leçon se situe aussi dans la personnalité de cette vieille dame dont le caractère se dévoile avec le temps, le recul et les expériences. La jeune fille froide s’affirme avec la richesse et les privilèges, et devient intransigeante.

Les années sont les alliées des personnalités fortes et sages mais le temps peut devenir un véritable ennemi pour certains caractères.

Véritable mise en abyme d’une vie de femme privilégiée, ce roman se lit facilement malgré le manque de sympathie que j’ai ressenti pour l’héroïne.