La demoiselle du Mississipi d’Alexandra Ripley

noladegas
Les enfants sur un seuil est une huile de Degas de 1872, lors de son séjour dans cette ville.

Résumé:

Quand Mary Mac Alistair, seize ans à peine, apprend la mort de son père, toutes ses certitudes s’envolent. N’ayant hérité de sa mère qu’un coffret contenant quelques souvenirs et une adresse à la Nouvelle-Orléans, elle n’hésite pas à quitter sa pension pour s’embarquer sur le premier vapeur qui descend le Mississippi et partir à la recherche de ce qui lui reste de famille.

En Louisiane, elle voit ses espoirs s’évanouir un à un. Après avoir échappé de justesse à une maison de passe où, par naïveté, elle s’est laissée entraîner, elle est chassée de la famille où elle a trouvé refuge. Même le riche et séduisant Valmont Saint-Brévin dont, pour, pour son malheur, elle a fini par tomber amoureuse, se met en travers de sa route…Certains n’ont peut-être pas intérêt à ce qu’elle retrouve les siens…


Pourquoi ce livre?

Tout ce qui se rapporte à la Nouvelle-Orléans me passionne. J’ai découvert cette ville très récemment et je suis tombée sous le charme de cet endroit magique, comme je le raconte dans mon Voyage à la Nouvelle-Orléans.

Un passage du livre résume parfaitement, selon moi, la sensation que l’on ressent lorsque l’on découvre cette ville: »Depuis sa descente de bateau, elle avait l’impression de suffoquer dans la chaleur moite. Ce fut encore pire: l’atmosphère était étouffante, et un vacarme assourdissant montait de toutes parts. Des visages se pressaient contre la fenêtre, noirs, rouges, verts, blafards à la lueur des fusées. Les rues étaient envahies par les foules. Tout le monde semblait rire. Ou chanter. Les bouches ouvertes étaient comme des trous béants dans ces masques aux couleurs tapageuses. »

Lorsque l’on arrive à la Nouvelle-Orléans, une impression surréaliste d’être dans une autre dimension nous envahit. Chaque rue est empreinte de douce folie, de joie de vivre et de tendresse.

Et cet amour de la Nouvelle-Orléans se ressent et se vit durant toute la lecture du livre.

J’ai été emportée dès les premières lignes de ce roman, car l’histoire de Mary s’entrecroise avec celle de la Nouvelle-Orleans. Le décor et l’atmosphère m’ont transportée là-bas, un siècle plus tôt.

Le seul bémol de cet ouvrage est, à mon avis, le personnage masculin, Valmont, dont le caractère manque de présence, diminuant mon intérêt pour l’intrigue amoureuse.

Mais, à défaut d’une histoire d’amour fascinante, Mary est un personnage féminin attachant, parfois paradoxal dont l’enthousiasme et la naïveté, qualités de sa jeunesse, emportent le lecteur dans ses aventures, et souvent ses mésaventures.

Son âge fausse un peu la trame du roman. Car la période choisie pour installer le roman est volontairement court et rapide; il doit correspondre au temps d’initiation, de passage à l’âge adulte.

À déjà 17 ans, elle a connu trahison, passion et succès. Et c’est cette accumulation de mésaventures dans une durée si courte qui travestit légèrement la crédibilité du roman.

J’ai, néanmoins, beaucoup aimé ce très joli roman.